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LA GRAMMAIRE À SA PLACE

  • centrer la leçon sur les besoins en communication liés à une situation : par exemple, les étudiants par paires parlent de ce qu'ils vont faire après les cours
  • et non pas sur l'analyse grammaticale de la langue : étude détaillée par exemple du futur proche, des pronoms personnels toniques et des adverbes de temps
  • préparer la leçon, c'est pour le professeur faire l'inventaire des moyens langagiers nécessaires dans cette situation et sur ce thème pour
    • parler de quelque chose à venir
    • parler des actions à venir
    • situer dans l'espace et le temps
    • demander, répondre, etc.
  • en terme d'actes de parole ou de moyens morpho-syntaxiques
  • présent ou futur proche, 1ère et 2ème personnes
  • rentrer, regarder la télé, etc.
  • ce soir, chez moi, etc.
  • dis-moi, qu'est-ce que tu vas ...
  • présenter la leçon aux étudiants, c'est suivre les étapes pas à pas d'une conversation possible ; et à chaque étape, fournir les moyens langagiers en veillant à donner à tous les étudiants les moyens dont ils ont besoin pour dire ce qu'ils veulent effectivement dire ;
  • dans ce but, on fournit le vocabulaire nouveau sous forme de menus dans lequel les étudiants peuvent librement choisir ;
  • l'objectif est d'établir une communication riche en informations.
  • Tu as cours jusqu'à quelle heure ?
  • Jusqu'à … heures. Et toi ?
  • Moi aussi. Qu'est-ce que tu vas faire ce soir ?
  • Je vais rentrer /aller chez un copain/etc.
  • Et ensuite ?
  • limiter le nombre de formes à celles qui sont strictement nécessaires dans la situation
  • en conjugaison par exemple, on n'exposera que les personnes utiles, et non pas toute la conjugaison
  • on n'en profitera pas non plus pour faire une leçon systématique sur l'heure
  • donner la priorité aux formes aussi simples et régulières que possible
  • le futur proche a cet avantage :
  • je vais / tu vas + infinitif
  • Notez que la question "tu restes à l'université jusqu'à quelle heure ?"a l'avantage de permettre d'arrondir l'heure : "jusqu'à 2 heures / 3 heures, etc.".
  • donner la priorité aux formes les plus légères
  • donner la priorité aux formes productives, celles qu'on pourra réemployer ailleurs
  • La question "tu as cours jusqu'à quelle heure ?" peut appeler une réponse précise : "jusqu'à 2h 30". Faut-il donner "2h 30" ou "2h et demie" ?
  • le futur proche peut être utilisé dans une autre leçon pour parler d'un futur plus lointain : qu'est-ce que tu vas faire après l'université ?
  • recycler dans de nouvelles situations chaque fois que l'occasion se présente les formes et le vocabulaire vus dans les leçons passées même s'il faut les modifier légèrement
  • fluctuabilité et variabilité
  • ne pas figer la langue dans le "par cœur" de dialogues pétrifiés
  • ne pas écrire au tableau ou dans les cahiers de dialogues tout faits, mais seulement des notes ( pas même des phrases complètes ) à partir desquelles les étudiants à la maison essaient de reconstituer des dialogues possibles
  • réintroduire le plus souvent possible dans un nouveau dialogue des éléments de dialogues antérieurs : puisqu'on parle de la maison, on reposera si cela a été vu, des questions pour savoir s'ils habitent seuls ou en famille, etc.
  • chaque leçon nouvelle n'est qu'un élément d'un dialogue plus vaste sur la vie des étudiants dont la complexité finit par donner à la conversation un caractère non prévisible.
  • quand c'est possible, on donne deux formes équivalentes au lieu d'une seule pour dire la même chose : par exemple on peut poser la même question de manières différentes
  • valoriser l'expression personnelle : faire en sorte que ce que dit un étudiant soit en grande partie, sinon unique du moins différent au niveau du contenu informatif et si possible au niveau de l'expression, en jouant sur la variabilité du dialogue et du questionnement.
  • ne pas faire "parler comme un livre" sur le modèle des phrases complètes de l'écrit : c'est un étudiant qui parle à un étudiant. Mes étudiants ne prennent pas du tout, mais pas du tout, ce parti pris pour du laxisme de ma part !
  • Tu as quel âge ? - Vingt ans : on fait l'économie de l'inversion du sujet dans la question, et celle de "j'ai" dans la réponse. 
  • En revanche, "vingt" seul ne constitue pas une bonne réponse ; et j'exige la liaison du "t" entre "vingt" et ans" ; de plus si l'étudiant a le malheur de prononcer le "s" final de "ans", sa réponse n'est pas satisfaisante. 
  • Quand la réponse est courte, exiger un complément d'information, par exemple : oui, je suis né en 1981.
  • le test hebdomadaire
  • Il est oral ; il porte plus spécialement sur la leçon précédente, mais on ne s'interdit surtout pas de poser des questions peut-être vues bien avant pour créer un contexte thématique. Toutes les réponses doivent être grammaticalement correctes, mais ce n'est pas la seule grammaire que j'évalue ; c'est la capacité à entretenir une conversation rapide et ondoyante.
  • J'interroge les étudiants par paires, en passant de l'un à l'autre dans les deux sens de manière non programmée et en obligeant chacun d'eux à "intégrer" dans sa réponse ce que vient de dire le partenaire, pour donner à la conversation un tour plus chaleureux et lutter contre le par-cœur mécanique :

Toi aussi, tu ... ? Oui, moi aussi, je ...
                              Non, moi, je ...
Et toi ? Moi aussi , je ... / Moi, je ...

  • le test final
  • Oral et spontané : il porte sur l'ensemble du semestre et avance avec ses continuités et ses ruptures ; son déroulement n'est pas connu à l'avance et varie d'un étudiant à l'autre.