index finalités index généralICI ET MAINTENANTMes étudiants à l'Université d'Osaka sont dans l'obligation de prendre une seconde langue étrangère (la première étant l'anglais) pendant quatre semestres, à raison dans le meilleur des cas de deux cours (dont mon cours de conversation) d'1 heure 30 par semaine ; ce sont donc des non-spécialistes qui ne poursuivent pas l'étude du français au-delà de ces deux années sauf pour une petite minorité. Mes choix reposent sur un certain nombre de partis pris : a. Professeur, je ne bâtis pas mon cours pour une minorité, mais pour tous mes étudiants. b. Je ne me donne pas pour objectif de les convertir à un enseignement long du français, parce que ce n'est pas ce que me demande l'Université. c. Je ne pars pas non plus de l'hypothèse que mes étudiants iront un jour pas trop lointain dans un pays francophone et que mon travail serait de les préparer à ce séjour. Cette "utilité" là encore au mieux ne motiverait qu'une petite minorité et laisserait la majorité dans le fossé. En conséquence, l'horizon immédiat de mon cours est "l'ici et maintenant" de ces étudiants, qui ne sont que des oiseaux de passage. L'étude d'une langue étrangère autre que l'anglais est un rite de passage imposé par l'institution. Et ses bénéfices doivent pouvoir être recueillis dans leur présent d'étudiant. Cela ne me fait pas méconnaître que certains bénéfices ont une ombre portée qui appartient au long terme. Il se trouve que ces derniers, et c'est une question dont on ne parle guère, ne sont pas d'ordre linguistique, loin s'en faut : 30% de ma note finale en allant directement à l'assiduité et à la tenue du cahier, évalue en fait des qualités de comportement telles que la régularité, la ponctualité ou le soin, qualités auxquelles on pourrait certes préférer dans l'absolu l'esprit d'indépendance ou d'initiative, mais que prisent l'institution et ses agents, les professeurs. Ces bénéfices sont aussi d'ordre cognitif et moral : apprendre à apprendre, élargir son horizon intellectuel et moral etc. |